C'était au décours du Vice Consul je crois.

Pour y entendre quelque chose,
il faudrait se détacher de l'écrit même,
voir au-delà des jardins empuantis de Shalimar,
au-delà du crime.
-De l'insurrection.-
Il faudrait même oublier Vinh Long
et ses mangues talées.

Alors,
seulement là,
dans cette partie infime de l'histoire,
dans le delta boueux du Mékong,
on pourrait comprendre.

Voir à quel point le désir était déjà là,
maître du jeu,
présent en toute chose,
à chaque instant.

-Trois années entières sans pouvoir trahir Lola Valérie.-

La lecture était pure,
sans aucun détour,
à chaque fois intacte,
différente
-et libre-.

Longtemps je n'ai pu sortir de ces mots là,
de même pour ces voix.
De ces voix qui ont tout dit pour vous,
avant vous,
et contre vous.

D'abord il y a eut Brassens,
et cette histoire de gorille qui,
à quatre ans à peine,
me laissait déjà dans une totale indifférence.
Allez savoir pourquoi,
moi je préférais l'ingénue,
les filets à papillons,
et les histoires de pin parasol qui ne mènent nulle part.

Puis ce ciel,
cette patrie de Bruges,
gonflée de bière et de relans maritimes.
Frida remplaçait Margot,
et c'était tout naturel.
Il y avait les fils de novembre,
et le trop grand lit.

Et elle,
plantée là,
dans sa petite cantate,
celle du temps des amants,
de la bouche en coeur,
et des yeux de biche,
celle de Marienbad,
de Gottingen,
ou d'ailleurs...

Toujours il reste ces voix,
famillières,
épaisses comme les murs d'une maison,
infinies...

J'en connais encore chaque respiration,
chaque virgule,
chaque silence,
chaque destination.