Les temps ne sont cléments pour personne de ce coté du siècle
et les enfants du monde sont toujours aussi fascinant dans leur solitude...
à se laisser abîmer,
bousiller,
défigurer,
transfigurer par l'Ennui.

Ils sont là à survivre,
aspirant à des heures fabuleuses
coincées entre le ciel
et leur lit...

Dis moi qu'on s'en sortira...
Dis moi que l'on n'en est pas réduit qu'à cela,
à pleurer des nuits entières,
déchus,
perdus
entre l'espoir et la plaie...

C'était peut être cela qu'il nous fallait...
un écrit exaspérant
vendu à l'inutile
entre la morsure et l'oubli.

Comment en sommes nous arrivés là ?
Je ne sais même pas,
je ne sais même plus...
tout s'est enchaîné
et a tourné trop vite,
beaucoup trop vite
sur cette page lasse.
A peine le temps de se décider que tout est déjà dépassé,
consommé,
limité aux portes de l'ennui ...

Regarde les
ces corps frêles et hésitants
accrochés
en vain
à leur désir égoïste d'ailleurs ...
d'éternité...
Portés,
supportés par leur désespoir...

Au coeur de leurs aurores
ils crevaient déjà seuls
de ce mal là ...
l'Ennui.

Comme une blessure rougissante que l'on ne peut s'empêcher de contempler.
Cette plaie là,
elle se donnait déjà dans l'ombre,
à qui la voulait,
à qui la prendrait,
elle se vendait au corps tout entier,
comme une peste noire qui déborderait jusqu'aux lèvres,
acide jusqu'à la pointe du coeur...
à brûler le corps mort de l'envie
sans aucun regrets,
sans concession,
d'une seule ligne,
déposant sa signature meurtrie au creux des reins.

L'Ennui,
le vice absolu,
d'une violence percutante
... une blessure ardente qu'on s'inflige soi même...

l'Ennui c'était le mal choisi,
la douleur atroce et sublime,
délicieuse
qu'on enviait aux poètes.

L'interdit c'était un leurre,
de même que la Liberté ....

C'était pourtant simple,
s'attacher à redécouvrir l'Eternité,
c'était tout au plus l'ultime garant de notre dévotion a l'abîme...

On voulait l'Absolu,
non pas pour lui même,
non...
juste pour le plaisir d'attendre un impossible

.... Juste un mot...


By Lady Senea