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En pleiN coeur d'uNe ville désaRmée,
il existe au hasard des rueS
(toutes sinueuseS à souhait),
un mOnde à part entièRe,
caché daNs le labyrinthe du graNd Nancy...

Que je vous diSe...
ce n'eSt paS un endrOit des plUs commuNs,
c'eSt un gouffre,
une étoile noire danS le voRteX...
Pour repReNdre leS MotS auDacieuX du fiLs à la SuzaNne,
c'eSt une faille Spacio-temporelle,
que même Nenni il voudraiT pluS rePreNdre du Gâteau,
enfin si la jument lui était paS montée deSsus bien sûr...
mais je m'embrume daNS une direCtioN toute autRe là...


oooooOOOOoooOOOOoooooo
Bref,
Dimanche mOrose.
Soleil en épitaphe.
C'eSt daNs le Petit QuartieR désueT d'HauSsoNville.
C'eSt coMme un vieuX polaroïd...
oooooOOOOoooOOOOoooooo



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Ici
le Ciel seMble s'être égaré dans sa course folle,
il s'eSt arrêté un jour de JuiN,
daNs les aNnéeS 70...
Tout eSt figé daNS cet autre siècle,
ça touRne en RoNd.

Là baS,
le supermaRché a fait son eNtrée,
il eSt déSerté,
refoulé daNs sa vieille moderNité;
il est dépasSé
et déjà ses peintuRes s'emietteNt
sans pudeuR
coNtre le sol...

Le veNt de FévrieR ne Souffle paS ici,
jaMais,
le soleiL eSt peSant,
la lumière
limpide,
très forte,
elle brûle le maCadaM saNs aucuNe trêve.

Sur les Flancs de BétoN de l'édifice,
il y a deS afficheS délavéeS,
des formeS roNdes,
coloréeS,
deS SloganS puBliCitaireS tout en pastelS,
preSque CanDides,
"moN chatOn aime le Ronron, et ronron lui reNd bien..."
boN d'aCcord c'eSt preSque (ou) paS ça...
maiS ça y reSsemble étRangeMent.

J'atteNds souS ce sOleil là
( exactement)
la sOrtie deS emPloyéS
derrièRe ce BâtimeNt poussiéreuX qui resSemble à un vieuX Dock décrépi.

Midi sOnne au Clocher de la petite égliSe.
Un vieiL homMe traîne tOute sa LanGueur le loNg des ( bon d'accOrd: du ) dOck(S).
Il a un Sac en OsieR aVeC lui,
les PoireauX dépAsSent, l
e cOeur eSt lourd,
leS mains fragileS,
ecorchées paR le teMps.

Il s'arrêTe,
-ReSpire- ,
suRveille d'un Regard menaçanT les poiReaux,
le sac,
et la jeune fille en nOir...

la jeuneSse est coNspuée,
elle le reStera.

Ici leS hoMmeS soNt au voLant de vOitures démodéeS
qui seNtent le sapiN vert parfumé à la pomme reconstituée,
la fumée
et l'eNnui.
Les siègeS soNt éliméS.
LeS jeuNes eux rouleNt en VeSpa...
(encore une foiS le FantOme de Claude eMbrase tOute l'horizOn...
A dix-sept anS, les autreS onT touJouRs uNe VeSpa,
même à HauSsonVille...)

Il y a auSsi le boucher-charcutier,
et leS viandeS expOsées en VitriNe,
prêtes à se laiSser décoloreR paR le Soleil,
prêtes à subir le Même sort iMplacable, de touteS les publicitéS du quartieR.

Et puiS,
le subliMe touche à son Zénith,
c'eSt indéfiniSsable même. ...
et PuiS,
elle se plaNte là,
La fruiterie d'HauSsoNville,
une réalité à laquelle je n'avaiS jamaiS oser rêVer...
une fruiterie...
quelle idée...

LeS iMmeubleS soNt carréS,
démOdés,
on S'atteNd à CroiseR d'ici peu uNe capeLine blanche,
deS braceletS clinquantS,
deS initialeS conSacréeS,
MaiS B.B ne vieNt paS...
DeS bottiNeS de cuiR aloRs?
Nan ni d'Emma Peel,
ni de Chapeau melOn daNs la faille...

Le sOleil tape enCore pluS fort.
La briSe s'eSt levée,
maiS rien d'aSsez conséqueNt pouR rafraichir le bituMe,
leS heureS s'alloNgeNt ici,
rieN ne perCe danS l'aiR qu'on inhale,
pas une Odeur de GueRlaiN daNs leS parageS,
RieN.
PouRtant, c'eSt là...
C'eSt éVideNt.
On PlaNe Sur un acceNt de PlaygrouNd love,
je Scrute le bas de l'allée,
j'imagiNe LuX,
lasciVe,
seS cils emmêléS,
les cheveux embrouillés,
Son Shorty Beaucoup troP couRt pouR un âge pareiL,
uNe sucette rouge ceriSe à la maiN,
plantée là, le neZ verS le ciel
en atteNte du prochaiN chapitre...


Nan c'était uNe eScapade rêvée Que ce jouR là.
En quelques MinUtes à peiNe,
j'ai suRvolé la StupeuR deS seVenties

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Que je vouS diSe,
HauSsonVille eSt ancré daNS le ViRgiN SuiCide ...
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By Lady Senea