Ecrire dit-elle...
Par Lady Senea le jeudi, août 30 2007, 13:06 - Penny Lane - Lien permanent

Tout n'est que marche à l'abyme quand on va vers l'écrit...vers le silence.
Il y dejà le bruit de cette encre qui parcourt le vertige de la page...
et puis ce noir profond qui vient courir telle une vague et se heurter sur le papier comme elle épouserait la dune.
La douleur est vive,
violente,
incisive,
l'expression couchée sur le cahier est une souffrance qui obsède le corps,
elle en devient physique dans ce passage au matériel.
L'idée est sortie des nues,
elle est projetée,
défigurée dans l'heure visible.
Il reste toujours malgré cela l'inconnu.
Ecrire.
Ecrire, puis mourir
écrire et plonger dans l'altérité
et enfanter une supplique qui nous étonne,
qui nous dégoûte de vérité,
c'est une recherche à perdre haleine,
à perdre la raison.
une quête sans répit.
Ecrire, c'était raconter Atala,
la petite amante
et toutes ces autres héroïnes inconnues,
plongées dans la fadeur de leur brumes,
un cauchemar, entre le verbe et l'histoire.
Ecrire c'était faire d'elle une reine indifférente aux autres,
une reine de rien du tout,
inutile,
douloureuse
mais ivre d'orgueil
et de regrets...
Elle sera mon Impératrice de brumes,
heurtée sur le récif...
Il a fallut bousculer l'écrit,
le verbe,
pour tenir compte de la brutalité du rêve,
prise à la gorge Atala et seule dans la meute,
seule pour toujours désormais.
Atala jetée sur le pavé,
à l'agonie ,
l'héroïne improbable,
tiraillée par le mensonge...
Atala.
Une terre brûlée à elle seule,
posée dans l'arrière salle,
étrange, tragique, indescriptible,
emportée dans sa propre folie sans personne pour se souvenir,
ou la regretter...
Une image d'antan à la frontière de l'oubli,
souillée,
le corps effacé par l'attente
et l'âme aux abois .