Ma nuit des Hespérides, ma plus belle espérance.

Je ne sais même plus quoi écrire sur elle,
tant elle est dépassée,
érodée à la lecture,
abîmée par tout ce temps qui l'a bousculé.
J'ai aimé cette histoire,
très fort,
jusqu'à en aduler sa dérive,
son naufrage,
jusqu'à préférer cette valse de Chopin à toutes les notes du monde.

Le paquebot noir qui traverse la terre entière jusqu'à l'île...
Cette poupée effacée qui vogue par delà l'azur,
une constellation amoureuse
écorchée,
terriblement grotesque...


Et l'enfant,
sublime,
qui a chuté depuis son étoile perdue,
en travers du conte,
morte contre cette grâce étrangère...
Peut être qu'elle se cache tout simplement,
hors de moi,
en moi jusqu'à la fin,
peut être même qu'elle me suivra
elle aussi
dans le déluge,
d'une fougue consolatrice,
amère
et déchirante.

Atala,
-poor little thing-
elle restera à jamais prisonnière de ses ruines,
mon héroïne,
ma terre brûlée du Pacifique.

A jamais cantonnée au désert de l'ennui.

Reste le navire qui vogue lentement entre les eaux calmes,
pas même un frisson,
la valse est démentie,
elle est désespérée,
elle suivra le même cortège funeste...

Désormais tout sera différent,
je n'aurai plus peur, à jamais différente...l'éternelle absente.



By Lady Senea