
Marta divine,
Coincée entre l'
affable et l'éther....
Une héroïne improbable.
Seule.
Abandonnée en plein coeur du naufrage ...
Il y a aussi,
-par delà le conte-,
cette
valse
désespérée,
à l'essence même du drame,
qui palpite,
hurle,
et
tangue dans les veines...
Suinte dans le
corps tout entier.
Une valse récurrente,
enivrante,dégoûtante d'absolu,
portée à la misère de l'entracte.
Elle était restée là,
entière, au milieu de ses ruines emmêlées.
Tout était là,
la reine de cendres,
les
brumes que j'avais dessiné pour elle ,
et ce silence
-impardonnable- sur la dune,
de l'autre côté du monde,
négative et alerte,
inutile et merveilleuse.
Un
songe exquis mais opprimé.
Une page
bêtement inconsolable...
Marta à la robe couverte de sang.
Marta fascinante,
jetée dans l'éternité.
Une beauté hivernale, glacée d'orgueil. Et elle,
elle indifférente au drame,
dansant parmi les ombres,
dans sa valse vide, éclairant la
voie de sa rythmique obscène,
dans cette pluie de suie,
de cendre, de sang,
cette pluie
éclatante qui salit le conte à chaque chapitre,
cette pluie omniprésente...
-Une averse idéale,
engluée à l'évidence du conte.-Le drame était
bordé d'absolu,
de toute part il aura déserté ma raison.
Marta, petite vierge rampante,
toujours
égarée,
étrangère dans cet amour insondable de la nuit,
dans le spectacle
latent des néons impassibles...
Les lumières de la cité comme une pluie
dévorante sur le cœur,
une redite offerte à l'obscurité...
Pas un seul éclat rassurant,
juste les murmures artificiels,
de ces
putains de néons qui éventrent les remparts de la ville...
Le corps était las,
nonchalant, pas tout à fait conscient face au monde,
mais rapproché pour toujours des possibles.
L'histoire n'avait pas eu sa
véritable fin,
c'était le retour du grand paquebot noir,
j'avais beau faire
chuter l'héroïne sur les récifs incendiaires de son île,
cela ne servait à rien.
Les meurtrissures,
la poussière,
les brumes,
rien n'y faisait,
la valse revenait du fond de sa boîte...
le livre commençait
à peine,
je l'avais
étranglé d'ennui,
mais elle était restée là,
fabuleuse,
écorchée sur la toile acide de l'aurore...
By Lady Senea