Penny Lane

"Ecrire, c'est aussi ne pas parler. C'est se taire. C'est hurler sans bruit."
Marguerite Duras

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mercredi, février 11 2009

Escapades



"Little Darling,
it's been a long, cold, lonely winter"


De ces mots qui ne sont là que pour blesser, abîmer, chavirer, écorcher le cœur,
le corps tout entier.

On ne déjoue pas l'écrit,
jamais,
on a beau essayer,
on n'y peut rien.
Ca reste là en travers de la gorge.

-Le chant du cygne.-
Comme si de rien n'était.
C'est absurde.
Mais on ne peut rien contre ça.
Jamais.

vendredi, février 6 2009

Lettre Ouverte



"Je ne pensais pas qu'un texte pouvait faire la part des choses à ce point. Tout Balayer d'un trait .
Comme si chaque ligne devenait une nouvelle respiration, comme une morsure emerveillante au coeur de l'ennui, au creux des reins...
Aujourd'hui encore j'ignore à quel endroit précis s'est opérée la magie, à quelle mesure exacte le drame s'est porté sur mes lèvres.
Longtemps cette idée ne m'a pas quitté, comme une ronde absurde mais fascinante. Marta me plait, quelle idée.
Peut être parce que ce texte est sans aucun détour possible, un amour démodé, inévitable, au centre de cet album, de ce conte qui tourne en rond, qui n'en peut plus de se décomposer dans la nuit, de se retourner dans tous les sens...
Marta c'est la plaie ouverte du récit.
Les mots se comptent,
Se décomptent,
ils sont fragiles,
ils s'effacent,
ils éclatent en mille morceaux dans toutes mes insomnies
et laissent la place au rêve dans une épargne dérisoire, une pudeur incroyable.
Surement que cela vous importe peu, et qu'aujourd'hui elle s'est éloignée de vous,
Mais moi il me plait, que quelque part, il y ait eut cette Marta là,
que son histoire soit toujours un mystère éclatant, un naufrage absurde
et qu'elle hurle encore à bout de souffle sur toutes les pages du monde, que son cri s'évapore dans la nuit...

Elle se retranche dans une page impossible, défigurée en son nom;
un enfer posé sur le mot et qui survole le reste de l'album.
Voilà. Il m'était juste venu l'envie de vous dire à quel point cette histoire était belle,
Puisqu'elle reste dans l'inachevé...
J'imagine que vous n'aurez jamais le temps de lire ceci...mais j'avais juste le désir que ce soit là quelque part, jeté dans vos horizons, au hasard de vos nuits..."


By Lady Senea

[|http://www.deezer.com/listen-2251078|fr]

lundi, décembre 15 2008

All the lonely people...



Du silence à revendre...

Il en a fallut du temps,
des nuits entières
noyées de brumes...
pour se faire à l'idée,
à cette image,
-impossible-,
fanée bien avant l'heure.

Je suis allée trainer des pieds ailleurs.
En attendant que cela passe,
malgré l'espoir...

Le coeur noué,
les yeux bouffis,
il a fallut se rendre à l'évidence...

Tu l'avais dit,
que ça ne durerait qu'un temps,
que tout était déjà compté,
-tout ça tu me l'avais expliqué de long en large-....

Juste de passage,
juste une étoile filante,
rien de bien méchant...

Putain, tu manques...

samedi, novembre 22 2008

"Then It's a Gift..."



Une odeur de cannelle à travers la pénombre,
à travers le silence déroutant de Novembre...

Et,
dans cette parenthèse insignifiante de l'histoire,
une armée de plumes d'oie,
contre tous les remparts de Varsovie.

*****

Le coeur est encore engourdi de frissons,
- se croit passe-muraille-,
quand juste là,
derrière les carreaux,
la neige peine à tomber sur les toits...

"Soudain je me souviens": ...

By Lady Senea

jeudi, octobre 2 2008

Lady Marlene...



Huit heure du matin.
- "Le Ciel peut attendre"-
(ou presque ça...)

L'odeur enivrante d'un thé à la cannelle encore brûlant,
et une écharpe à la traine jusqu'au bout des orteils.
Je presse le pas,
le nez enfoui dans mon col,
un soupçon d'épices à même la peau,
et ce foutu Famous Blue Raincoat (*)
qui revient de nulle part,
tel un boomerang aiguisé
venant lacérer le palpitant par surprise.

J'ai toujours préféré cette histoire là je crois.

Peut être parce que d'un air de rien,
moi aussi je me suis pointée là,
il y a une éternité de cela,
une nuit,
-mille nuits en vérité-
à la rencontre de tous ces trains.
Moi aussi,
j'étais au rendez vous,
lorgnant les rails d'un air imbécile,
avec toute la candeur du monde entre mes lèvres...

- Minuit moins le quart. -
Nulle trace de Lily Marlene,
Nulle ombre de Lady Madonna,
L'affaire était réglée.

Les bottes mouillées,
je suis rentrée chez moi,
à cloche pied,
-just like this fool on the Hill-,
l'oeil effaré,cerclé de brume,
toute emmitouflée de cendres
que j'étais.

Well,
Penny Lane let us far behind
Elle avait donc choisi son camp,
cette impossible petite garce.

By Lady Senea

jeudi, septembre 25 2008

Marta II



Marta divine,
Coincée entre l'affable et l'éther....
Une héroïne improbable.
Seule.
Abandonnée en plein coeur du naufrage ...

Il y a aussi,
-par delà le conte-,
cette valse
désespérée,
à l'essence même du drame,
qui palpite,
hurle,
et tangue dans les veines...
Suinte dans le corps tout entier.

Une valse récurrente, enivrante,dégoûtante d'absolu,
portée à la misère de l'entracte.

Elle était restée là, entière, au milieu de ses ruines emmêlées.

Tout était là,
la reine de cendres,
les brumes que j'avais dessiné pour elle ,
et ce silence -impardonnable- sur la dune,
de l'autre côté du monde,
négative et alerte,
inutile et merveilleuse.
Un songe exquis mais opprimé.
Une page bêtement inconsolable...

Marta à la robe couverte de sang.
Marta fascinante,
jetée dans l'éternité.

Une beauté hivernale, glacée d'orgueil.

Et elle,
elle indifférente au drame,
dansant parmi les ombres,
dans sa valse vide,
éclairant la voie de sa rythmique obscène,
dans cette pluie de suie,
de cendre,
de sang,
cette pluie éclatante qui salit le conte à chaque chapitre,
cette pluie omniprésente...

-Une averse idéale,
engluée à l'évidence du conte.-


Le drame était bordé d'absolu,
de toute part il aura déserté ma raison.

Marta, petite vierge rampante,
toujours égarée,
étrangère dans cet amour insondable de la nuit,
dans le spectacle latent des néons impassibles...

Les lumières de la cité comme une pluie dévorante sur le cœur,
une redite offerte à l'obscurité...

Pas un seul éclat rassurant,
juste les murmures artificiels,
de ces putains de néons qui éventrent les remparts de la ville...

Le corps était las,
nonchalant,
pas tout à fait conscient face au monde,
mais rapproché pour toujours des possibles.
L'histoire n'avait pas eu sa véritable fin,
c'était le retour du grand paquebot noir,
j'avais beau faire chuter l'héroïne sur les récifs incendiaires de son île,
cela ne servait à rien.

Les meurtrissures,
la poussière,
les brumes,
rien n'y faisait,
la valse revenait du fond de sa boîte...
le livre commençait à peine,
je l'avais étranglé d'ennui,
mais elle était restée là,
fabuleuse,
écorchée sur la toile acide de l'aurore...

By Lady Senea

Marta I



Ils sont tous là et implorent Marta.
Marta dans l'ombre,
Marta lumière,
Marta de poussière et de sang,
posée sur l'écrit,
violente
et résolue.

Peut être qu'elle se trouvait déjà loin dans cet appel désespéré,
peut être qu'à la nuit même elle était partie,
devenue l'écume de ses mots,
perdue dans sa pensée,
claire et insoumise...

Marta et sa propre chute
au pays des soleils
et des libertés.

Marta de larmes et de cris,
prostituée au hasard des mots...

Ephémère,
volatile Marta...
sans savoir pourquoi.

Dès le départ elle respirait l'agonie.
Une éternelle petite garce,
une fée tragique.
Elle,
elle aimait la fuite,
pire que cela
elle incarnait l'exil,
c'était elle la petite Clandestine,
l'orage irrésolu,
-c'était la mer toute entière-,
le torrent dévastateur.

Un corps blanc,
blême,
translucide,
une ombre de voiles,
cachée dans l'aube,
...le supplice de l'aurore...encore une fois...

Marta,
elle les a tous mis à terre par son silence,
par tous ces cris qu'ils ont jeté à travers la nuit,
comme une bouteille à la mer,
et auxquels elle n'a jamais porté écho.

On ignore même si elle a entendu cette clameur qui s'élevait de l'eau,
elle a juste préféré l'appel du désarroi
pour les laisser crever dans cet amour,
seuls,
séparés de l'univers
...des âmes qui épousent la poussière ...

By Lady Senea

dimanche, septembre 21 2008

Sunburn



Ca a fait comme un clash hier soir,
suis revenue des années en arrière.
Les frissons ont martelé le bras,
la nuque,
puis le corps tout entier.
Dès les premières notes.
C'est stupide, il faut bien l'avouer.

Mais il y aura toujours un goût d'interdit
sur cette gamme insensée,
Il y aura toujours ce regret là,
inconsolable,
coincé entre les croches.

Des années que j'avais zappé tout ça.

C'est quand même étrange,
à quel point certaines choses,
qui s'étalaient comme les pièces maitresses de l'échiquier,
se retrouvent aujourd'hui défigurées,
morcelées dans le souvenir.
Elle se retranchent tranquillement en marge du quotidien,
et demeurent ainsi,
comme une terre en plein soleil,
la peau noire,
la plaie à vif;
comme une terre de soleil,
avec un ciel immense,
qui dégouline
contre un empire de sable,
et des dunes,
à perte de vue...

"And I'll hide from the world
Behind a broken frame
And I'll burn forever can't face the shame"


By Lady Senea

mardi, septembre 16 2008

Voici le vent qui souffle...



Y a de ces soirs où ça gronde,
où ça remue dans le coeur
comme une adorable vermine.
Ca en devient insupportable.
C'est juste bête à en crever.

*****

Je suis nostalgique.
De tout.
Et parfois même de rien.
-Enfin surtout de rien
en fait.-

Nostalgique d'un bout de ciel gris,
d'une p*** d'étoile filante,
ou même d'une virée nocturne,
par delà l'ombre vieillissante de Big Ben,
-droit jusqu'au soleil levant-.

Je pourrais me retrouver plantée là,
en plein coeur du néant,
- et plus penser à rien -
à me laisser bercer par le torrent de ces amours impassibles
qui auraient les cils engourdis de rosée,
-bordés de nuages-.

Une simple averse de couleurs,
pour tout cortège nuptial.

J'voudrais bien ne plus être à la traîne,
pour cette fois,
à revoir sans cesse mes rêves à la baisse...
Arrêter de contempler sans rien dire
toute la poussière qui s'accumule sous mes paupieres,
toutes ces portes vides qui défilent en fanfare,
et ces armées de sourires écarlates
qui me dévisagent à l'arrière plan.

By Lady Senea

lundi, septembre 8 2008

Penny Lane Let Us Far Behind...




Je revisite les souliers lamés soldes-soldées,
et la valse désespérée...

...la douceur de ces nuits là,
pieds nus dans la poussière...

Il ne me reste que la terre,
en somme,
et ce barrage interminable
contre les voix du Pacifique...

dimanche, août 31 2008

EvaSionS



J'arrive plus à partir dans de grandes phrases
bien comme il faut,
bien grandiloquentes
et pleines de franfreluches...

Tout ce que je sais faire
aujourd'hui,
c'est partir en fumée.

Faire de petites phrases ridicules
et surponctuées d'ennui...

-Et surtout Rester évasive au possible.-

Ca, l'évasion,
je connais foutrement bien.
C'est ce que je préfère,
même.

Sortir de ma boîte
et me poser là
au bord de la mare,
à attendre que le temps passe
et l'eNvie avec...

ReSter bien au chaud
entre les croches
et de temps en temps
me laisser épingler
par hasard
comme un pauvre papillon à la con.

Et surtout,
surtout,
ne pas oublier de reSter floue,
c'est ça le seCret...

"De foutaiSes en Foutaises,
on construit son eMpire..."

-ou preSque-

By Lady Senea

samedi, août 30 2008

Tu vas peut être rire...

mais j'ai le coeur qui part en vrille ce soir...



Et ce soir encore c'est la même chose...
Et tous les soirs du monde ça revient.
Ca s'écorche dans les coins,
ça s'égratigne contre les murs.
C'est une habitude de priSe.
Et ça flotte par là,
Quelque part,
ailleurs qu'ici,
comme une brise légère,
à peine sensible,
-en sourdine-,
un chemin de traverse,
du bout des doigts...

Et ça éclate dans toutes les directionS.

Et au hasard des connectionS
Voilà que je le croiSe,
Lui et ses idées bien pensées,
Lui et sa gueule d'amour,
Son regard d'ange,
Lui et sa petite tête exaspérante de M'as-tu-vu-quand-je-baise-?
(désolée c'est pas moi mais georges qui le dit...)
Mais qui es-tu donc,
Toi, petit homme,
pour me dévisager de cette manière,
pour m'envisager aussi maladroitement...?
Et puis quoi encore,
toi tu te perds,
toi tu voltiges,
tu t'évapores dès que le vent tourne,
à peine le temps de se poser,
et te voilà déjà à l'autre bout de ta jolie petite bulle toute aussi deséspérante que toi,
ta petite bulle bien opaque,
bien fermée,
bien rôdée au fil des heures...

Et le manège reprend,
au revoir l'ami,
je peux t'assurer qu'un jour tu seras grand,
Je peux prétendre bien des choses,
sans perdre mon sang froid...

Mais étrangement,
Remis au goût du jour,
Tu n'es qu'une parenthèse
insignifiante,
et bien vite oubliée.

Et le manège reprend,
et j'ai le coeur qui part en vrille,
et j'ai le coeur au bord des lèvres,
l'estomac écartelé par la vitesse,
et j'en ai mal à en crever,
et le manège s'emballe,
ce soir encore une fois.

By Lady Senea

Adages

''On ne déjoue pas l'écrit,
le mot est incendié.''

C'était ça sa mise à mort:
le regret,
l'harmonie du chagrin.

Depuis toujours c'était donc ça:
"l'écho de Marienbad",
un chef d'œuvre détruit,
rouillé,
un corps mort posé sur l'écrit.

lundi, juillet 28 2008

Lettre à Elise



Anna,
comme un défaut subtil à travers le miroir,
comme une faute en majuscule sur les berges de la seine,
Anna,
éffacée contre le sol,
étouffée contre le ciel,
Anna,
comme une fleur déposée sur les remparts de la cité,
comme une étoile portée par le néant,
comme un soleil noir,
abimé,
jetée sur les trottoirs de Paris...

By Lady Senea

jeudi, juin 26 2008

IvReSse



Que je vous dise,
elle,
c'était une reine,
une vraie reine.

Elle exerçait ses droits sur un empire dévasté,
malmené par l'ennui,
un empire de sable,
de rien du tout,
une cité éclatée contre la dune.

C'était une reine et elle ne le savait même pas.

Une Impératrice burlesque
Vouée au vestige.

By Lady Senea

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