Penny Lane

"Ecrire, c'est aussi ne pas parler. C'est se taire. C'est hurler sans bruit."
Marguerite Duras

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lundi, juin 28 2010

Un jour, il y a dix ans qu'elle marche...

 
Il y a ce livre que j'ai recommencé à lire pour la millionième fois je crois.
Le Vice Consul.

*******

Je ne sais pas pourquoi je l'ai préféré elle.
C'est vrai,
ça aurait pu être n'importe qui.
L'Alsacienne.
Ou encore la jeune fille de Nevers,
celle qui s'arrache les ongles sur les murs de la cave...
Celle qui crie ce nom Allemand sans personne pour l'entendre...
Ca aurait pu être très nettement cette folie là je crois.

Mais je suis restée figée dans l'histoire de l'enfant du Siam chassée avec son ventre rond.
Et soudain,
j'ai préféré la splendeur -presque fade- des eaux du Gange,
et cette errance sublime à travers la plaine des Oiseaux..

Et voilà qu'aujourd'hui je la comprends.
Et qu'il y aurait cette marge inavouable en plein coeur de l'histoire.
Et voilà soudain que,
-moi aussi-,
je pourrais être elle.

Et j'aurais ce corps anguleux, jeté dans les vallées du Bengale,
et, 
comme elle,
j'aurais cette faim affreuse et déchirante,
et ce ventre inconsolable,
omniprésent,
et qui me dévorerait de l'intérieur.

J'aurais cette allure de bonzesse émaciée, avalée par la honte,
les pieds en sang,
et le regard toujours vague.

Peut être que certains prendraient pitié,
peut être même qu'il nourriraient cette jeunesse
-comme il l'ont parfois nourrie elle-.
Un bol de riz chaud et quelques mangues,
et ce serait comme un soleil brulant  qui coulerait lentement dans la gorge.

Et toujours ça me reprendrait,
comme elle,
je crierais à travers la cité :Battambang. 

-Battambang.-

Battambang,
comme un cri d'amour oublié.
Battambang,
à s'en cogner la tête aux murs.
Battambang,
les genoux écorchés.

Et personne pour entendre.

Et moi aussi j'aurais ce rire éclatant,
et cette fureur intenable ,
cette fureur incroyable de ne pas les voir comprendre.

Battambang,
et il en faudrait du temps avant que,
comme elle,
je réalise .

Que je réalise qu'il n'y a rien à en tirer,
que je suis seule parmi eux
et que jamais,
-jamais-,
ils ne comprendraient.
Battambang,
à en perdre la tête.

Alors,
seulement lorsque j'aurais considéré toute la force de mon exil,
alors je pourrais être tout à fait comme elle,
la Folle du Gange.

Et j'irais tête nue,
au détour de Calcutta ,
crier encore après les gens,
leur montrer le ventre,
l'absence,
l'indicible.

Je demanderais encore une fois le chemin de la plaine des Oiseaux,
-le chemin pour se perdre -
et il n'y aurait encore personne pour comprendre ni pour me répondre.

Mon cœur sera si lourd,
que plus rien de bon ne pourra en sortir .
Et j'irais aux abords du Gange .

Je regarderais une dernière fois dans le reflet glacé de l'eau
la silhouette effrayée de cette folle cachée dans l'odeur des jasmins,
je contemplerais les paupières creuses,
les mains meurtries,
les seins noirs de suie.
Je m'enliserais doucement dans la boue écoeurante du Gange,
le corps nu,
l'âme à vide.

Et là,
uniquement là,
dans cette lumière incroyable du fleuve,
je serais à ma place.
Je serais reine.
Je ne serais plus rien du tout.
Rien que le remous incessant
-fait de vase, de cendres et de pluie-,
qui vient lécher les berges alanguies du Gange.

Et au loin,
dans le soir mugissant,
il y aurait des cris,
-Battambang-,
et des rires d'enfants,
perchés sur le dos des buffles épuisés.

Battambang dans la nuit du Siam,
dans la plaine des Oiseaux...

Et puis,
dans une des plus petites cases,
il y aurait cette mère,
très jeune encore,
les seins tout engourdis de lait,
et elle bercerait amoureusement son premier né dans son petit panier de palme,
et elle lui chanterait la beauté séculaire des forêts du Siam...

By Lady Senea

Dessin "Lady Senea" par Acalculie:
http://acalculie.wordpress.com/

mardi, février 16 2010

Exespérances...

"You can be mean
And I
I'll drink all the time
Cause we're lovers."



A cette heure là du livre,
tout s'envole,
se dilate,
se brouille.

Les lignes s'enchevêtrent doucement dans la rengaine terrible du prévisible.
Il n'y a plus aucune maitrise possible.

La plaie est indiscutable,
désormaiS,
plus rien ne peut être raconté .

L'angoisse est odieuse,
elle est à en mourir
-névrosée-
contre l'idée.

By Lady Senea

mardi, février 9 2010

-Peste Noire-



****** Le désert de ce livre n'existe pas,******
il n'existe pas et n'a jamais existé, l'histoire du livre ce n'était même pas l'abandon, ce n'était rien,
rien que le vide qui grandissait et qui prenait tout le monde à la gorge.

L'ennui c'était pareil.
Une mare,
écorchée,
conjuguée à l'imparfait encore et encore,
-toujours lamentablement laissée à l'exil-.


****** Des ruines de sang,******
qui s'étaient confondues dans la nuit, dans l'attente du récit.
Les ruines defigurent, elles ne servent qu'à briser l'envie, elles se perdent, se morfondent, s'exaltent dans cette douleur.


****** La robe de Marta,******
celle qui dansait au crépuscule, une robe diaphane, virginale, effacée par l'idée.Marta la flamme ingénue au milieu des corps. Elle n'a rien apporté de plus que ce qui existait déjà en ces lieux. La pensée était déjà là, informe, tangible sur les lèvres, le mot manquait, elle n'a fait que cela en somme, porter l'idée à la lumière du verbe, la faire naitre dans l'heure visible, Marta, un ange, une pluie salvatrice, abandonnée sur toute les pages du monde. Le conte était figé dans l'indicible, flanqué d'un purgatoire atroce.


****** Il s'est arrêté à cette robe.******
Tout est en haleine, l'univers entier est suspendu à sa valse. Le corps n'est rien dans cette lutte infecte contre l'ennui. Il se soumet au silence.

Le jour se lève, il ne reste rien,
qu'un vide assourdissant,
une force amusicale qui brûle au creux des reins,
s'enroule autour des hanches,
à en devenir fou,
l'altérité à s'en crever les yeux.
Une plaie ouverte, qui se vend au monde, à qui s'arrêterait, à qui la prendrait, l'emporterait loin d'ici, loin de tout ce mal, de toutes ces attentes invalides, surnuméraires.


****** Autour de l'étoile,******
il y a tout ce sang, cette averse obsédante de suie, charbonnée jusqu'à la pointe du coeur, d'une pureté aléatoire et confondue.



By Lady Senea

Si on me parle de Toi...



"He wore black and I wore white
He would always win the fight "


...Il ne me vient rien d'autre à l'esprit.
Rien que cette vague là,
immense,
amère,
stérile.

Dès le début il était déjà trop tard.

J'avais posé mes mains sur ce que je croyais solide,
hors de portée.

Mais l'écrit était bancal tu vois.

Alors
il a fallut se défaire de cette marée nauséeuse,
débordée.

Alors
il a fallut se contenter de détours dans l'indicible,
une mer morte de motS
qu'on a laissé au silence,
qu'on a osé dire ou pas.
Les petits fantômes choisiS de cet amour là .
Des petits pionS sans défense.

C'était déjà,
sans le savoir,
comme un élan vers l'exil.

By Lady Senea

vendredi, janvier 15 2010

Can't you see? I'm a f*** High Voltage Queen...



"Y a des moments où on s'abîme
Où le hasard nous assassine
Y a des moments où ça fait mal...là"

Je sais bien que je suis pas facile à suivre tous les jours,
je sais bien qu'à force, ça doit être décourageant,
de rester à sa place,
de rester là, à se taire,
à essayer de comprendre,
à faire le funambule sur ces montagnes russes,
sans que rien ne se passe pour autant à l'horizon.

Je ne suis pas aveugle.
Je me souviens vaguement de cet endroit là,
de là où l'équilibre se prend au jeu,
là où ça s'écorche d'un cran à chaque fois,
là où ça s'évapore avec l'ennui,
tu sais,
cet endroit où l'on pouvait attendre des heures,
où l'on aimait bien patienter un peu avant les étoiles...
c'était comme un ciel retrouvé,
il y avait les sourires,
le coeur qui battait fort, très fort parfois, et sans raison aucune,
et il y avait cette loi du sang,
et comme un goût salé dans la terre,
le goût des pluies d'été en toutes saisons,
et celui de l'orage sur nos lèvres aussi...

Mais je connais également les limites de ma bulle,
je ne suis pas si inconsciente que ça tu vois ...
Et ça aussi je le sais,
je sais qu'aujourd'hui il y a beaucoup trop de phrases en cours de route,
de mots qui se font l'échappée belle,
et que nous, on est restés plantés là,
des kilomètres en arrière,
par simple oubli.

By Lady Senea

dimanche, décembre 20 2009

PeSanteur



" Que je vous dise, j'ai quinze ans et c'est la traversée du Mékong ....sur le Bac, le Bac des livres..."

C'est déjà la chaleur infernale de l'Indochine,
la langueur des traversées du Mékong dans ce bac indigène,
c'est Anne Marie Stretter qui se meurt d'ennui dans ses robes volages,
la Léon-Bollet qui attend dans la pénombre le départ de l'enfant,
et son coeur qui explose,
et son coeur qui dégouline dans l'horizon.

Il y a aussi, quelque part, ce cri d'amour,
le Vice-Consul qui tire à tout jamais sur les jardins de Shalimar;
et dans cette odeur de fleurs,
dans l'ivresse des JasminS,
on respire la poussière de la lèpre.

Et puiS, cette Folle qui appartient au Gange,
perdue pour toujours dans la plaine des oiseaux,
-comment fait-on pour se perdre au juste?-
et ce rire effrayant
et toutes les cantates étranges qui bercent le Siam...,

C'est là,
c'est dans la chaleur des corps,
dans la ville,
-dans le crime aveuglant- ,
dans la peur de la nuit,
de cette nuit du fauve qui n'en finit pas de flêtrir
juste ici,
à la pointe du coeur...
C'est la même folie partout qui hurle,
et suinte à travers les murs...


By Lady Senea

mardi, septembre 8 2009

"Je me souviens de vous..."



C'était au décours du Vice Consul je crois.

Pour y entendre quelque chose,
il faudrait se détacher de l'écrit même,
voir au-delà des jardins empuantis de Shalimar,
au-delà du crime.
-De l'insurrection.-
Il faudrait même oublier Vinh Long
et ses mangues talées.

Alors,
seulement là,
dans cette partie infime de l'histoire,
dans le delta boueux du Mékong,
on pourrait comprendre.

Voir à quel point le désir était déjà là,
maître du jeu,
présent en toute chose,
à chaque instant.

-Trois années entières sans pouvoir trahir Lola Valérie.-

La lecture était pure,
sans aucun détour,
à chaque fois intacte,
différente
-et libre-.

Longtemps je n'ai pu sortir de ces mots là,
de même pour ces voix.
De ces voix qui ont tout dit pour vous,
avant vous,
et contre vous.

D'abord il y a eut Brassens,
et cette histoire de gorille qui,
à quatre ans à peine,
me laissait déjà dans une totale indifférence.
Allez savoir pourquoi,
moi je préférais l'ingénue,
les filets à papillons,
et les histoires de pin parasol qui ne mènent nulle part.

Puis ce ciel,
cette patrie de Bruges,
gonflée de bière et de relans maritimes.
Frida remplaçait Margot,
et c'était tout naturel.
Il y avait les fils de novembre,
et le trop grand lit.

Et elle,
plantée là,
dans sa petite cantate,
celle du temps des amants,
de la bouche en coeur,
et des yeux de biche,
celle de Marienbad,
de Gottingen,
ou d'ailleurs...

Toujours il reste ces voix,
famillières,
épaisses comme les murs d'une maison,
infinies...

J'en connais encore chaque respiration,
chaque virgule,
chaque silence,
chaque destination.

mardi, septembre 1 2009

Du côté de Marienbad

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****** Le vent se lève,
j'ai le regard empli de cernes
-la mine défaite-
et le cœur en vrille.

Something's about to begin,
mais je sais -toujours- pas quoi,
-quelque chose de hissé aux délices du hasard-...

Regarde les ces deux là,
-naufragers du conte-
comme ils sont tristes à voir,
eux et leurs baisers défraîchis,
eux et leurs mots tendres tout délavés.

Il n'y a plus que cela qui les sépare,
cette fadeur -infranchissable- de l'ennui.
Deux corps à la dérive.

Tout est là depuis le début,
il n'y a qu'à regarder,
la regarder.

Elle, elle n'en sait encore rien.
Mais elle a déjà la pâleur indéniable de l'Higwhay 61...

samedi, juin 13 2009

Penelop-isation Nocturne du Propos

Untitled_by_miamiam.jpg

Un jour,

peut être,
il faudra écrire sur ce départ là,
obsédant.

La scène est dorénavant posée,
il n'y a plus qu'à attendre que tout se passe,
que tout s'orchestre lentement,
avec une précision presque odieuse.

Et il y aura ça,
désormais,
au milieu du conte,
entre eux deux...

Il y aura ça,
cette force engloutie,
évadée
-merveilleusement lointaine-.

Il s'en est fallut de peu pour gâcher tout ça,
tout bâcler,
sans s'en remettre au hasard.
Il s'en est fallut de peu,
sans quoi,
qui sait,
on aurait peut être manqué l'orage...

By Lady Senea

vendredi, avril 10 2009

And it took me by Surprise...

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***Je ne reconnais rien de ce qui a pu être dit sur elle. L'écriture courante s'est très vite éloignée du sujet et elle lui est devenue terriblement extérieure. Elle n'a plus aucun rapport à l'image ni même au silence qui déterminait à lui seul le véritable intérêt du récit. La plaie était évidente, la trahison était déjà là, dans la forme première du texte.


***Je la préfèrerais perdue, mêlée d'ombres, sans limites possibles...Elle n'était pas faite pour s'exposer au monde, mais pourtant elle s'est retrouvée là, elle a habité ce lieu commun à tous les livres et elle s'est portée au devant du mot, elle s'est couchée sur le bord du chemin, comme un détail insoupçonné du paysage. Je la retrouve mélangée à la profondeur de l'azur, à l'immensité impardonnable de son désert, de ses ruines. Sanguine. Incontrôlable.


***Et elle danse inévitablement à l'envers du soleil, collée à sa rive absurde, et elle porte son corps dans les cendres du Pacifique, et s'engouffre au cœur des vagues. Déjà elle n'a plus de volonté propre, elle est seulement l'instrument de l'histoire, une héroïne indifférente, décolorée, usée à la lecture.


***Marta, amère, ingénue.***


***Et elle crie de douleur, comme elle crierait d'amour. Un cri évaporé dans la nuit. Elle non plus elle ne sera jamais entendue en retour, elle en a la certitude. Mais ça ne l'empêche pas d'hurler de toutes ses forces, pour que cela soit fait, écrit quelque part dans l'horizon, jeté dans le cours du temps.


***Le désir est déjà absent de tout. Il a été ôté depuis longtemps de cette masse, de l'enfer inhérent à cette terre éloignée du monde. Ce désir là marche en travers de l'histoire, il a son chemin à part entière dans l'enjeu du livre, hors d'elle, hors du conte. Elle porte en son sein cette douleur inégale, absolue, qui la fait étrangère au reste de l'univers.

By Lady Senea

lundi, avril 6 2009

Aveux

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Amère,
j'avais voulu conjurer l'envie,
gommer cette dévotion à l'Autre,
cette fidélité absurde,
profane...

-l'idée était brisée,
hors jeu comme toujours ...-

-Tristes petites cendres de rien du tout.-
A s'abaisser aux rêves, à se laisser dévorer par le songe.
Atala,
nouvelle Alice dans ce gouffre interminable,
sans fond,
dans cette histoire sans limites tracées,
sans direction aucune ...

-Le saut de l'Ange,
une dernière fois,
engloutie dans le vertige écoeurant de l'aurore...-

mardi, mars 17 2009

Numb (tOo)

Je pourrais vous parler de la neige qui tombe,
Des flocons que j'essaie d'attraper sur mon nez
A travers la fenêtre...
Je voudrais vous dire que
Quand un vent glacé
Me caresse le cou
Je pense toujours à elle.
Je voudrais vous dire que j'aurais bien aimé y aller moi aussi,
Juste comme ça,
Pour voir,
Pour flâner un peu partout
Dans cette nuit là,
Jusqu'au matin,
Jusqu'à rien en fait...
Je pourrais vous dire qu'un jour,
Moi, j'irai là bas,
Que je la croiserai peut être,
Au hasard des souffles,
Que je la verrai,
Que je passerai contre elle,
Par puR hasard
Et tout ça
En silence
Sans un sourire,
Ce serait trop dommage.
Je pourrais vous dire qu'à cet instant là
Je me collerai à la buée des vitres
Pour mévanouir au coin d'une rue.

Je pourrais vous raconter l'enfance
Les journées entières passées dans les arbres
L'Ennui qui coulait déjà à flot
Dans les veines
Le ciel trop bleu,
trop grand,
trop ouvert sur le monde
Mais ça encore ça ne serait pas assez...
Ca ne serait qu'une petite poussière dans votre oeil
Ca ne serait qu'un miette insignifiante
Et je ne suis pas une miette...

By Lady Senea

mercredi, mars 11 2009

Et si je coUrs à l'eNvers de l'horizoN...



Y a presque plus rien dans ma tête,
rien que des images vides
et des moments ratés.

Même que tout ça,
ça pourrait aisément rentrer dans une petite boîte à chaussures,
si on force un peu...
Une petite boîte à cacher sous mon lit,
à enfouir sous une tonne de poussière...

Ca serait utile au moins ça,
que les choses soient bien à leur place,
bien rongées sur les bords...
...à la portée des rêves...

Y a plus que ce sang qui bouillonne dans ma tête,
comme si tout ça se mettait à hurler
d'un coup
et pour un rien.
Juste pour sortir du néant,
pour se trouver d'autres armes,
pour une fois,
qu'un putain de silence...

(article deux minutes chrono...elle est pas belle la vie ? ) -_-

By Lady Senea

mercredi, février 25 2009

"Le Scandale était à la Mesure de Dieu..."



ooooOOOOooooo

Lola Valérie Stein.
Tout se mélange ici.
J'ignore comment cela est venu à nous, mais elle et moi c'était pareil. C'est très vite devenue la même peur.

ooooOOOOooooo

J'ai commencé à peupler la ville entière d'elle, à poser son visage sur des milliers d'inconnues, à en remplir tout ces trains au départ. Elle était noyée à l'infini dans ces lieux d'attente. Et j'ai comblé la nuit de son ombre affolée, un vertige angoissant. J'ai rempli la terre entière de ce vide effrayant qu'elle trainait autour d'elle, à chaque pas. Son ravissement c'était une merveille, l'ivresse à l'echelle du monde. Et je me suis perdue auprès d'elle, comme Lol je me suis retrouvée séparée à tout jamais par ce texte. Et la nuit n'en finissait plus, une course lente, indécise, qui nous faisait suffocantes. C'était sur ce point là, absolument provocant que Lol et moi nous nous retrouvions, un jugement dernier, crépusculaire.

ooooOOOOooooo

Le livre ne sera sans doute jamais écrit, mais il reste là, inévitable, et il n'en peut plus de faire mal et d'éclipser la plaie, de la ramener à lui. Aujourd'hui je le sais: elle et moi c'était définitif, lui, Il ne serait plus qu'un détour insipide de l'écrit, une page annexée à l'ennui.
ooooOOOOooooo

Petite Lol. Très loin déjà, partout dans la nuit, éclatée dans le passage des autres, soufflée par tout les regards humains. Je me couche contre toi, et c'est contre ton corps fatigué que j'attends l'aurore, jusqu'à la limite éprouvée de cet amour. Petite Lol, maintenant je te comprends, va, je te ressemble, il reste du chemin jusqu'au lever du jour. La nuit est calme, profonde, dehors d'autres coeurs s'eveillent encore à l'abîme. Le livre est dejà à l'agonie. Va Lol, je reste contre toi, je suffoque entre tes lignes et j'expire à bout de souffle contre ta main.

ooooOOOOooooo

By Lady Senea

mardi, février 17 2009

ExilS



-Divine idylle,
à portée des étoiles...-


"Désormais plus rien ne me retient à elle...
Elle est vide,
morne,
et laide.

Une pluie de cendres amères sur le monde."

Mais le vide était pourtant terriblement plaisant...
A subir l'impossible,
blesséS dans cet amour indéfini,
sans armes,
sanS mots,
sans limites tracées,
une masse amorphe,
cruelle,
belle ...
cantonnée au présent.

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