dimanche, janvier 9 2011

I'm (décidément) Not There

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(à bientôt...ou presque...)

lundi, juin 28 2010

Un jour, il y a dix ans qu'elle marche...

 
Il y a ce livre que j'ai recommencé à lire pour la millionième fois je crois.
Le Vice Consul.

*******

Je ne sais pas pourquoi je l'ai préféré elle.
C'est vrai,
ça aurait pu être n'importe qui.
L'Alsacienne.
Ou encore la jeune fille de Nevers,
celle qui s'arrache les ongles sur les murs de la cave...
Celle qui crie ce nom Allemand sans personne pour l'entendre...
Ca aurait pu être très nettement cette folie là je crois.

Mais je suis restée figée dans l'histoire de l'enfant du Siam chassée avec son ventre rond.
Et soudain,
j'ai préféré la splendeur -presque fade- des eaux du Gange,
et cette errance sublime à travers la plaine des Oiseaux..

Et voilà qu'aujourd'hui je la comprends.
Et qu'il y aurait cette marge inavouable en plein coeur de l'histoire.
Et voilà soudain que,
-moi aussi-,
je pourrais être elle.

Et j'aurais ce corps anguleux, jeté dans les vallées du Bengale,
et, 
comme elle,
j'aurais cette faim affreuse et déchirante,
et ce ventre inconsolable,
omniprésent,
et qui me dévorerait de l'intérieur.

J'aurais cette allure de bonzesse émaciée, avalée par la honte,
les pieds en sang,
et le regard toujours vague.

Peut être que certains prendraient pitié,
peut être même qu'il nourriraient cette jeunesse
-comme il l'ont parfois nourrie elle-.
Un bol de riz chaud et quelques mangues,
et ce serait comme un soleil brulant  qui coulerait lentement dans la gorge.

Et toujours ça me reprendrait,
comme elle,
je crierais à travers la cité :Battambang. 

-Battambang.-

Battambang,
comme un cri d'amour oublié.
Battambang,
à s'en cogner la tête aux murs.
Battambang,
les genoux écorchés.

Et personne pour entendre.

Et moi aussi j'aurais ce rire éclatant,
et cette fureur intenable ,
cette fureur incroyable de ne pas les voir comprendre.

Battambang,
et il en faudrait du temps avant que,
comme elle,
je réalise .

Que je réalise qu'il n'y a rien à en tirer,
que je suis seule parmi eux
et que jamais,
-jamais-,
ils ne comprendraient.
Battambang,
à en perdre la tête.

Alors,
seulement lorsque j'aurais considéré toute la force de mon exil,
alors je pourrais être tout à fait comme elle,
la Folle du Gange.

Et j'irais tête nue,
au détour de Calcutta ,
crier encore après les gens,
leur montrer le ventre,
l'absence,
l'indicible.

Je demanderais encore une fois le chemin de la plaine des Oiseaux,
-le chemin pour se perdre -
et il n'y aurait encore personne pour comprendre ni pour me répondre.

Mon cœur sera si lourd,
que plus rien de bon ne pourra en sortir .
Et j'irais aux abords du Gange .

Je regarderais une dernière fois dans le reflet glacé de l'eau
la silhouette effrayée de cette folle cachée dans l'odeur des jasmins,
je contemplerais les paupières creuses,
les mains meurtries,
les seins noirs de suie.
Je m'enliserais doucement dans la boue écoeurante du Gange,
le corps nu,
l'âme à vide.

Et là,
uniquement là,
dans cette lumière incroyable du fleuve,
je serais à ma place.
Je serais reine.
Je ne serais plus rien du tout.
Rien que le remous incessant
-fait de vase, de cendres et de pluie-,
qui vient lécher les berges alanguies du Gange.

Et au loin,
dans le soir mugissant,
il y aurait des cris,
-Battambang-,
et des rires d'enfants,
perchés sur le dos des buffles épuisés.

Battambang dans la nuit du Siam,
dans la plaine des Oiseaux...

Et puis,
dans une des plus petites cases,
il y aurait cette mère,
très jeune encore,
les seins tout engourdis de lait,
et elle bercerait amoureusement son premier né dans son petit panier de palme,
et elle lui chanterait la beauté séculaire des forêts du Siam...

By Lady Senea

Dessin "Lady Senea" par Acalculie:
http://acalculie.wordpress.com/

vendredi, juin 11 2010

"Et voilà le grand Zampano..."




Les voilà, les larmes de cinquante ans,
celles qui n'ont plus d'âge, plus de nom
ni de raison.

Sur un air de Fellini,
un air un peu triste,
un peu fané comme d'habitude,
y a cet enfant affalé sur le canapé,
cet enfant d'un demi siècle
qui pleure le même abandon
...depuis toujours ...

Des pleurs sans retour,
des larmes de crocodile,
-on dirait presque-.

"Et voilà le grand Zampano !"

Et ma mère c'est Gelsomina,
c'est celle qui dit tout avec le regard,
qui se tait,
qui rit en silence le drame de sa vie.

"Et voilà le grand Zampano!"

Et moi aussi j'aurai voulu aimer un briseur de chaine
ou un funambule mal luné...
ou même partir à la chasse aux étoiles sur les routes d'Italie.

Et Gelsomina se tait,
elle se terre dans ce silence sans ambiguité
elle se tait sous un ciel de poussière,
elle se tait jusqu'à la fin.

"Et voilà Fellini qui entraine un déluge sur le tapis..."

Allez, viens...
On se retrouve au cinéma du coin,
y a des mistrals gagnants et des écharpes trouées,
des pas dans la neige et des jeudi après-midi sans soleil.

Juste 8 millimètres.
et soudain tout le monde se tait dans la salle
mesdames messieurs...
les lumières se meurent progressivement
la magie peut commencer .

Et voilà le grand Zampino qui pleure sur cette plage Napolitaine
et les vagues affolées viendront l'engloutir avec la nuit...

By Lady Senea

dimanche, mars 21 2010

Je sais bien que tu mens....

'' Je suis totalement in love de Pierre Fresnay... Voilà .''

mardi, février 16 2010

Exespérances...

"You can be mean
And I
I'll drink all the time
Cause we're lovers."



A cette heure là du livre,
tout s'envole,
se dilate,
se brouille.

Les lignes s'enchevêtrent doucement dans la rengaine terrible du prévisible.
Il n'y a plus aucune maitrise possible.

La plaie est indiscutable,
désormaiS,
plus rien ne peut être raconté .

L'angoisse est odieuse,
elle est à en mourir
-névrosée-
contre l'idée.

By Lady Senea

jeudi, février 11 2010

A l'Est d'Eden

mardi, février 9 2010

-Peste Noire-



****** Le désert de ce livre n'existe pas,******
il n'existe pas et n'a jamais existé, l'histoire du livre ce n'était même pas l'abandon, ce n'était rien,
rien que le vide qui grandissait et qui prenait tout le monde à la gorge.

L'ennui c'était pareil.
Une mare,
écorchée,
conjuguée à l'imparfait encore et encore,
-toujours lamentablement laissée à l'exil-.


****** Des ruines de sang,******
qui s'étaient confondues dans la nuit, dans l'attente du récit.
Les ruines defigurent, elles ne servent qu'à briser l'envie, elles se perdent, se morfondent, s'exaltent dans cette douleur.


****** La robe de Marta,******
celle qui dansait au crépuscule, une robe diaphane, virginale, effacée par l'idée.Marta la flamme ingénue au milieu des corps. Elle n'a rien apporté de plus que ce qui existait déjà en ces lieux. La pensée était déjà là, informe, tangible sur les lèvres, le mot manquait, elle n'a fait que cela en somme, porter l'idée à la lumière du verbe, la faire naitre dans l'heure visible, Marta, un ange, une pluie salvatrice, abandonnée sur toute les pages du monde. Le conte était figé dans l'indicible, flanqué d'un purgatoire atroce.


****** Il s'est arrêté à cette robe.******
Tout est en haleine, l'univers entier est suspendu à sa valse. Le corps n'est rien dans cette lutte infecte contre l'ennui. Il se soumet au silence.

Le jour se lève, il ne reste rien,
qu'un vide assourdissant,
une force amusicale qui brûle au creux des reins,
s'enroule autour des hanches,
à en devenir fou,
l'altérité à s'en crever les yeux.
Une plaie ouverte, qui se vend au monde, à qui s'arrêterait, à qui la prendrait, l'emporterait loin d'ici, loin de tout ce mal, de toutes ces attentes invalides, surnuméraires.


****** Autour de l'étoile,******
il y a tout ce sang, cette averse obsédante de suie, charbonnée jusqu'à la pointe du coeur, d'une pureté aléatoire et confondue.



By Lady Senea

Oh Stella!

Si on me parle de Toi...



"He wore black and I wore white
He would always win the fight "


...Il ne me vient rien d'autre à l'esprit.
Rien que cette vague là,
immense,
amère,
stérile.

Dès le début il était déjà trop tard.

J'avais posé mes mains sur ce que je croyais solide,
hors de portée.

Mais l'écrit était bancal tu vois.

Alors
il a fallut se défaire de cette marée nauséeuse,
débordée.

Alors
il a fallut se contenter de détours dans l'indicible,
une mer morte de motS
qu'on a laissé au silence,
qu'on a osé dire ou pas.
Les petits fantômes choisiS de cet amour là .
Des petits pionS sans défense.

C'était déjà,
sans le savoir,
comme un élan vers l'exil.

By Lady Senea

lundi, janvier 18 2010

"Poil de Carotte, tu seras toujours seul...toujours."



Vingt ans après,
j'ai retrouvé ce film sur un petit bout de la toile.

Vingt ans après,
j'ai pleuré contre lui,
contre son reflet dans l'eau.
J'ai pleuré le naufrage de l'enfance,
la corde au cou
et le coeur noué,
...comme avant...


Peut être qu'aujourd'hui j'y vois quelque chose de tout à fait différent,
qu'au delà de la vermine familiale,
j'y entends maintenant l'amour malheureux du père de poil de carotte...
peut être qu'aujourd'hui je lui pardonne même...

Mais j'ai toujours cette envie furieuse de rejoindre le petit Lepic près de ruisseau,
une couronne de fleurs dans les cheveux,
pour un mariage enchanté...


Alors il m'arrive de repenser à eux,
je veux dire Poil de Carotte et Robert Lynen...
ils ont cette espièglerie déroutante,
cette grâce incroyable qui ne touche que l'enfance...
et que l'on regrette intensément après l'heure...

Deux martyres confondus
-sans le savoir vraiment-
sur le noir et blanc vertigineux de la pellicule ...

"Robert Lynen : En 1940, à 20 ans, il intègre un réseau de résistance. Il devient sous-lieutenant des Forces françaises dans le réseau "Alliance". Il effectue de nombreuses missions avant d’être arrêté par la Gestapo, le 7 février 1943. Torturé, il est déporté en Allemagne. Après plusieurs mois de détention et deux tentatives d'évasion, il est condamné à mort par un tribunal militaire et fusillé le 1er avril 1944. Il avait 23 ans. Enterré dans une fosse commune, son corps sera seulement rapatrié en France en1947 et repose dans le carré militaire de Gentilly."

"...Strength in what remains behind."


"Splendor in the Grass" (1961)

vendredi, janvier 15 2010

Can't you see? I'm a f*** High Voltage Queen...



"Y a des moments où on s'abîme
Où le hasard nous assassine
Y a des moments où ça fait mal...là"

Je sais bien que je suis pas facile à suivre tous les jours,
je sais bien qu'à force, ça doit être décourageant,
de rester à sa place,
de rester là, à se taire,
à essayer de comprendre,
à faire le funambule sur ces montagnes russes,
sans que rien ne se passe pour autant à l'horizon.

Je ne suis pas aveugle.
Je me souviens vaguement de cet endroit là,
de là où l'équilibre se prend au jeu,
là où ça s'écorche d'un cran à chaque fois,
là où ça s'évapore avec l'ennui,
tu sais,
cet endroit où l'on pouvait attendre des heures,
où l'on aimait bien patienter un peu avant les étoiles...
c'était comme un ciel retrouvé,
il y avait les sourires,
le coeur qui battait fort, très fort parfois, et sans raison aucune,
et il y avait cette loi du sang,
et comme un goût salé dans la terre,
le goût des pluies d'été en toutes saisons,
et celui de l'orage sur nos lèvres aussi...

Mais je connais également les limites de ma bulle,
je ne suis pas si inconsciente que ça tu vois ...
Et ça aussi je le sais,
je sais qu'aujourd'hui il y a beaucoup trop de phrases en cours de route,
de mots qui se font l'échappée belle,
et que nous, on est restés plantés là,
des kilomètres en arrière,
par simple oubli.

By Lady Senea

dimanche, décembre 20 2009

PeSanteur



" Que je vous dise, j'ai quinze ans et c'est la traversée du Mékong ....sur le Bac, le Bac des livres..."

C'est déjà la chaleur infernale de l'Indochine,
la langueur des traversées du Mékong dans ce bac indigène,
c'est Anne Marie Stretter qui se meurt d'ennui dans ses robes volages,
la Léon-Bollet qui attend dans la pénombre le départ de l'enfant,
et son coeur qui explose,
et son coeur qui dégouline dans l'horizon.

Il y a aussi, quelque part, ce cri d'amour,
le Vice-Consul qui tire à tout jamais sur les jardins de Shalimar;
et dans cette odeur de fleurs,
dans l'ivresse des JasminS,
on respire la poussière de la lèpre.

Et puiS, cette Folle qui appartient au Gange,
perdue pour toujours dans la plaine des oiseaux,
-comment fait-on pour se perdre au juste?-
et ce rire effrayant
et toutes les cantates étranges qui bercent le Siam...,

C'est là,
c'est dans la chaleur des corps,
dans la ville,
-dans le crime aveuglant- ,
dans la peur de la nuit,
de cette nuit du fauve qui n'en finit pas de flêtrir
juste ici,
à la pointe du coeur...
C'est la même folie partout qui hurle,
et suinte à travers les murs...


By Lady Senea

mercredi, novembre 18 2009

Oh Joséphine...



Des mots d'amour,

Du chocolat,
Quelques benzodiazépines,
et vous me remettrez un peu de Fool on the Hill,
tant qu'on y est...

***

Manchester et Liverpool,
tout ça c'est décidément bien trop loin.

J'aurais bien aimé
me balader de temps à autre,
au hasard de ces rues escarpées
qui font le charme défraîchi du Foie-Bassin...
Moi aussi j'aurai bien aimé vivre à Foie-Bassin .
(Je VOST pour Simo et tous ceux qui n'auraient pas encore compris... )

Bref,
moi aussi j'aurais bien aimé vivre à Foie-Bassin au début des sixties,
et aller, de temps en temps, à la caverne et me mettre des pintes avec quelques autochtones chevelus du coin,
(ceux qui parlent très fort avec l'accent du ferry,
qui ont des étoiles plein les yeux
et une haleine éthylique de vieux poney malade),
tout ça entre deux tranches de saindoux aux anchois...

Mais moi tu vois,
j'ai jamais vu Liverpool,
j'ai même pas vu Manchester, pas même Honfleur, ni Amsterdam, Nantes, ou Göttingen...
pas même un chemin de traverse,
pas un seul petit bout de chanson populaire...

 A croire que je suis cantonnée aux détours bardés de noms ridicules ,
aux villes anonymes emplies de réverbères glacés,
de verglas-vlan-dans-tes-dents
et de givre sous la paupière...

 J'aurais aimé tu vois,
quelque chose de plus,
quelque chose à croquer,
quelque chose de plus délicieux que tous ces morceaux d'ici...
 
Oh j'ai pas la prétention d'un Foie-Bassin,
on n'a pas tous la distance résignée pour vivre à foie-bassin,
m'enfin parfois,
j'aurai bien aimé un peu d'ailleurs...

samedi, septembre 26 2009

L'Illusionniste II



Il a le regard vague.
Toujours.
Et en tous lieux.

Un costume gris,
des rayures blanches.
Pas un seul faux pli.
Et un de ces chapeaux à la mode.
Un truc à la Clyde Barrow.

Il a même un carré de mouchoir blanc
brodé à la pointe du coeur.
Droit dans la poche.

Toujours il pense à lui.
A ce père.
L' inconnu.

-Cette image,
Unique entre toutes,
c'est comme un trésor
dans le vacarme de la ville...-

La seule chose ayant survécu aux portes de l'enfance.


Une photographie
aux reflets jaunis.

*
1917.
C'était l'automne.
Le sol était déjà glacé en pleine Russie.

Alors on l'a enterré là,
lui et quelques autres.
A fleur de terre.

Même avec toute la volonté du monde,
on n'aurait pas pu creuser plus...

Alors on l'a enterré là,
on a remué un peu la terre,
on a planté le Christ juste au dessus,
un petite prière à l'abri des tirs croisés,
pas même un nom,
juste une photographie.

Et lui,
des années après,
il ne lui reste que ça
de cette épave de père.

Toujours et en tous lieux.
Il garde ce regard vague.

Et, collé coeur contre coeur,
il traine ça partout où il va,
cette poignée de terre du bout du monde,
d'une autre époque...
Bien à l'abri des balles.

By Lady Senea

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